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Comment prévenir la transmission de bactéries
Dérivation des 35 premiers millilitres de sang prélevé
On estime que chaque centimètre carré de peau comporte entre 100 et 1 000 000 de
bactéries. Celles-ci composent la flore de la peau, où l’on distingue la flore résidente
et la flore transitoire : La première est constituée de germes rarement dangereux,
mais la seconde contient des germes provenant du tube digestif ou de la sphère ORL,
qui peuvent provoquer de très graves infections chez le receveur.
Pour permettre l’élimination de bactéries qui pourraient s’être introduites au moment
du prélèvement, une petite poche a été conçue pour contenir les trente-cinq premiers
ml de sang prélevés. C’est à partir de cette poche – qui ne rentrera pas dans le
circuit de la transfusion proprement dite – que le préleveur va ensuite remplir
les tubes d’analyses (groupe sanguin, tests virologiques, etc.) réalisées avant
d’autoriser l’étiquetage de la poche et donc la transfusion à un receveur.
Cette dérivation permet en effet aux premiers ml de sang écoulés de « purger » en
quelque sorte la surface interne de la petite plaie créée par la piqûre. Si, malgré
la désinfection des mains du préleveur et de la peau du pli du coude du donneur,
quelques bactéries s’étaient fixées à l’aiguille et avaient pénétré dans la veine,
la pression de refoulement du sang évacuerait ces bactéries dans la petite poche
de dérivation, et le sang recueilli dans la poche principale et destiné, lui, à
être transfusé, serait bien dépourvu de microbes.
Elimination des globules blancs des produits sanguins labiles
Les globules blancs sont des composants du sang d’un donneur qu’il n’est généralement
pas souhaitable de réinjecter chez un receveur.
Une partie de ces globules blancs, dits « polynucléaires », sert à détruire les
microbes (en particulier les bactéries), mais les outils qui permettent aux globules
blancs de dégrader ces microbes — il s’agit d’enzymes et d’agents inflammatoires
— abîment les membranes des globules rouges pendant leur conservation. Ces substances
provoquent également des réactions désagréables (frissons et fièvre) chez le receveur
au moment de la transfusion.
En outre, les globules blancs peuvent abriter des agents infectieux. Certains virus
s’y réfugient pendant de longues années (comme le cytomégalovirus ou le virus HTLV).
Les globules blancs peuvent également transporter le prion, agent de la maladie
de Creutzfeldt-Jakob.
Certes, c’est la fonction des globules blancs d’absorber, puis de digérer les bactéries
: cette propriété, qu’on appelle la « phagocytose », est mise à profit pour augmenter
la sécurité des transfusions. Lorsque le sang est prélevé, il est conservé plusieurs
heures entre +18 et 24°C. Ce délai permet aux globules blancs contenus dans la poche
de sang de phagocyter les éventuelles bactéries présentes (provenant par exemple
de la peau). Lorsque l’on filtre les globules blancs, les bactéries qu’ils contiennent
se trouveront dès lors « piégées » dans le filtre.
D’autres globules blancs, qu’on appelle les lymphocytes et les monocytes, sont tout
aussi indésirables chez le receveur. Ils commandent l’immunité, mais leur passage
du donneur au receveur peut être néfaste pour ce dernier.
Pour toutes ces raisons, les globules blancs contenus dans le don de sang sont éliminés
de la poche de recueil par des filtres qui n’en laissent passer qu’un tout petit
nombre, devenu inoffensif. Cette procédure porte le nom de « leucofiltration » ou
« leucoréduction ». Elle est un mécanisme simple mais puissant de la sécurité transfusionnelle.
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