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Quelles sont les principales contre-indications au don de sang pour la sécurité
du donneur ?
Les principales contre-indications au don pour la sécurité du donneur correspondent
à des problèmes de santé qui pourraient être accentués par le prélèvement d’un volume
de sang de 400 à 600 mL. Ces contre-indications peuvent être permanentes ou temporaires.
Contre-indications permanentes
- Les maladies du cœur et des vaisseaux.
- Un trouble connu de la coagulation du sang.
- Les insuffisances respiratoires, parmi lesquelles l’asthme grave.
- Le diabète traité par l’insuline.
- Les maladies graves, chroniques ou à rechute.
Contre-indications temporaires
- L’anémie, pour laquelle un délai de six mois est requis avant un nouveau don éventuel.
Une anémie correspond à un déficit en hémoglobine, laquelle est contenue dans les
globules rouges. La réglementation impose un taux minimal d’hémoglobine de 12 g/dL
chez une femme, et de 13 g/dL chez un homme.
- Pour les femmes, une grossesse, un accouchement ou une IVG au cours des six derniers
mois.
- Une tension artérielle basse ou au contraire trop élevée, jusqu’à normalisation
constatée par le médecin de l’Établissement de transfusion.
- L’épilepsie, jusqu’à trois ans après la dernière crise et l’arrêt du traitement.
- Certaines activités professionnelles ou de loisir sont déconseillées dans les heures
qui suivent un don : il s’agit des situations qui pourraient mettre en danger le
donneur ou d’autres personnes en cas de malaise ou de chute survenant après un don.
Si ces activités ne peuvent être décalées, le médecin peut décider de reporter le
don. C’est le cas, par exemple, d’activités en hauteur, ou aquatiques, ou de la
conduite dans les transports en commun.
Il existe par ailleurs des contre-indications spécifiques au don par aphérèse :
c’est le cas des antécédents de réactions allergiques très importantes.
Pourquoi l’entretien avant le don est-il si important pour la sécurité infectieuse
du receveur ?
Le sang est normalement exempt de microbes circulants. Quand l’un d'eux passe dans
le sang, il est souvent rapidement dégradé et éliminé, du moins pour une certaine
catégorie de microbes, et à condition que la personne soit en bonne santé ! Or les
malades appelés à être transfusés ne sont pas en bonne santé : une bactérie, introduite
dans leur circulation sanguine, peut ne pas être combattue par leur immunité affaiblie.
De plus, dans un certain nombre de cas, les premières lignes de défense contre un
microbe se font sur son site de pénétration dans l’organisme (la peau, les muqueuses)
et pas forcément dans le sang. Un microbe directement injecté dans le sang du receveur
peut ainsi être extrêmement agressif, alors que le même microbe n’a été que légèrement,
voire pas du tout, toxique chez le donneur.
Tout cela donne une grande importance à la fois à l’étape préalable à chaque don
de sang qu’est la validation commune, par le donneur et le médecin, du questionnaire
qui revoit les risques auxquels le donneur a pu être exposé, et à l’examen, avant
désinfection soigneuse, du pli du coude qui sera le siège de la piqûre.
Enfin, certaines infections humaines apparaissent au cours du temps. Depuis 30 ans,
on a décrit plus d’une trentaine de maladies infectieuses dites « émergentes ».
Il n’existe pas toujours de test de dépistage pour les agents responsables de ces
maladies nouvelles : seul l’entretien avant le don, en recherchant les circonstances
d’exposition aux agents infectieux en cause, peut réduire le risque de les transmettre.
Cet entretien avant le don, strictement confidentiel, porte donc sur les principaux
risques infectieux : le risque bactérien, le risque d’une maladie virale transmissible
sexuellement ou par voie sanguine, le risque d’avoir contracté un virus ou un parasite
tropical à l’occasion d’un voyage, etc.
Quels sont les examens biologiques réalisés sur les dons de sang ?
Examens biologiques réalisés dans l’intérêt du receveur
Ces tests, effectués obligatoirement sur chaque don de sang, peuvent se distinguer
en :
- Tests pour la compatibilité entre le sang du donneur et celui du receveur :
- Groupes sanguins ABO et Rhésus D (RH1). En pratique, les autres antigènes du système
Rhésus (C, c, E, e) et l’antigène Kell sont également recherchés sur les deux premiers
dons. Ces groupes sont aussi déterminés chez les receveurs. Le respect de la compatibilité,
chaque fois que possible, vis-à-vis de l’ensemble de ces groupes, permet d’éviter
la plupart des « allo-immunisations », c’est-à-dire la formation d’anticorps dirigés
contre des antigènes de groupes sanguins.
- Recherche d’anticorps anti-A et anti-B, dont la présence chez le donneur dépend
de son groupe ABO.
- Recherche d’anticorps dirigés contre d’autres antigènes de groupe sanguin.
- Tests pour la sécurité infectieuse du don de sang :
- Dépistage du virus du Sida (test anticorps et détection du génome viral).
- Dépistage du virus de l’hépatite B (test antigène HBs et test anticorps anti-HBc).
- Dépistage du virus de l’hépatite C (test anticorps et détection du génome viral).
- Dépistage des virus HTLV-I /II (test anticorps).
- Dépistage de la syphilis.
- Dépistage de l’agent du paludisme.
- Dépistage de l’agent de la maladie de Chagas.
Plus précisément, pour le paludisme et la maladie de Chagas, les contrôles biologiques
ne sont pas systématiques : ils ne sont demandés que si le donneur signale un séjour,
même ancien, dans un pays où l’un de ces parasites peut sévir.
D’autres examens peuvent être effectués en fonction du type de don et des besoins
pour les receveurs, tels que la détermination d’autres groupes sanguins (Duffy,
Kidd, MNS, etc.) ou le dépistage des anticorps anti-cytomégalovirus (CMV).
Examens biologiques réalisés dans l’intérêt du donneur
En effet, la réglementation prévoit un contrôle biologique du donneur pour s’assurer
de la bonne tolérance de son don.
Pour tout type de don, afin de s’assurer que le donneur n’est pas anémique, depuis
2008, une numération formule sanguine complète est réalisée sur chaque don.
Pour tous les dons « cellulaires » (globules rouges ou plaquettes), un test « capillaire
» (au bout du doigt) est effectué pour une mesure immédiate du taux d’hémoglobine
dans les cas où l’on ne dispose pas d’un résultat normal depuis moins de deux ans.
Pour les dons de plasma, les protides sont dosés au premier don de plasma, puis
une fois par an.
Pour les dons de plaquettes : une numération-formule sanguine est effectuée, avec
détermination du taux de plaquettes avant chaque don.
Pour les dons de globules rouges par aphérèse, on dose la ferritine plasmatique
lors du premier don, afin d’évaluer les réserves en fer de l’organisme. Si le taux
est bas (moins de 20 ng/ml), le don suivant de globules rouges par aphérèse est
contre-indiqué.
Pour les dons de globules blancs, un bilan de coagulation et une numération-formule
sanguine sont réalisés avant chaque don.
Qu’est-ce que la compatibilité des groupes sanguins ?
Chaque don de sang est systématiquement testé pour la détermination des groupes
sanguins ABO, Rh et Kell. Ces « groupages » sont réalisés en double sur chacun des
deux premiers dons, dans un but de sécurité maximale. À partir du troisième don,
seuls les groupages ABO et Rh (antigène D) sont contrôlés.
La détermination d’autres systèmes de groupes sanguins est parfois réalisée chez
un donneur, en fonction des besoins spécifiques de certains receveurs de produits
sanguins.
Tous les groupes sanguins ne sont pas compatibles entre eux. Ceci est lié à la présence
possible, dans le sang circulant du receveur, d’anticorps pouvant s’avérer très
dangereux par la destruction des globules rouges injectés en cas de transfusion
incompatible. Par exemple, une personne de groupe A possède toujours dans son sang
un anticorps anti-B, qui est capable de reconnaître et de détruire rapidement des
globules rouges de groupe B. Dès lors, injecter par erreur du sang d’un donneur
de groupe B à un receveur de groupe A peut provoquer un accident très grave, parfois
entraînant le décès du receveur (10 % des cas). Tous les moyens sont donc mis en
œuvre pour éviter une telle erreur dans la « chaîne transfusionnelle », autrement
dit depuis le prélèvement de sang du donneur jusqu’à la pose de la transfusion au
lit du malade.
Le système ABO
Dans le système ABO, les sujets de groupe O sont qualifiés de « donneurs universels
» pour la transfusion de globules rouges. Leur sang peut être transfusé indifféremment
à des sujets A, B, AB ou O. En revanche, les donneurs de groupe AB ne peuvent donner
leurs globules rouges qu’aux patients de groupe AB, qui sont parfois appelés « receveurs
universels » (de globules rouges).
Mais la nature est bien faite, puisque le donneur universel pour le plasma est celui
porteur du groupe AB.
Ainsi, quel que soit le groupe ABO du donneur, son don de sang — soit pour les globules
rouges, soit pour le plasma — sera toujours très utile pour un malade donné.
Dans le système ABO, la compatibilité entre le sang du donneur et celui du receveur
correspond aux schémas suivants :
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Transfusion de globules rouges
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Groupe ABO du donneur
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Groupe ABO du receveur |
O |
A |
B |
AB |
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O
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A
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B
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AB
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Le système RH (« Rhesus »)
Dans le système RH, le donneur universel pour la transfusion de globules rouges
correspond au groupe RH-1 (communément appelé Rh négatif), qui peut être indifféremment
transfusé à un sujet de groupe RH+1 (communément appelé Rh positif) ou RH-1. En
revanche, le sang d’un donneur RH+1 ne doit pas être transfusé à un patient RH-1.
Contrairement au système ABO, le sang ne contient pas de façon naturelle des anticorps
dirigés contre les antigènes RH. Ces anticorps n’apparaissent chez une personne
de groupe Rhésus négatif qu’après un contact avec des globules rouges Rhésus positif.
Cette rencontre peut se faire à l’occasion d’une transfusion de sang incompatible,
d’une greffe, ou d’une grossesse. La présence de l’anticorps interdit alors formellement
la transfusion de sang incompatible.
Il est souvent énoncé qu’un sujet O Rh- (dit « O-») est le « vrai donneur universel
», car il peut donner son sang à tout individu, quel que soit son groupe ABO et
Rh. Il existe toutefois quelques exceptions à cette règle.
Les conséquences de la nécessité de compatibilité entre le donneur et le receveur
de globules rouges
Compte tenu du grand nombre de groupes sanguins, il est quasiment impossible de
trouver deux individus identiques, même au niveau de la population mondiale (à l’exception
des vrais jumeaux !). La transfusion de globules rouges consiste dès lors à trouver
le sang le plus compatible possible entre le donneur et le receveur, en respectant
les groupes sanguins considérés comme les plus importants, c’est-à-dire ceux pouvant
provoquer des accidents en cas de transfusion incompatible.
Trois systèmes de groupes sont aujourd’hui systématiquement respectés lorsque l’on
transfuse: ABO, RH et Kell. Pour certains receveurs, il est toutefois nécessaire
de respecter d’autres groupes, comme Fy, Jk, MNS, etc. Il est donc nécessaire de
disposer du plus grand nombre de donneurs pour trouver le sang le plus compatible
possible pour ces malades.
Qui surveille la sécurité des transfusions ?
Les missions de surveillance et de contrôle des activités transfusionnelles en France
sont assurées par deux agences nationales :
L’Institut de Veille Sanitaire (InVS)
Etablissement public sous la tutelle du ministère de la Santé, l’InVS est chargé
de surveiller en permanence l’état de santé de la population, d’alerter les pouvoirs
publics en cas de menace et d’identifier les raisons d’une modification de la santé
des Français. S’il détecte un nouveau risque, il alerte la Direction Générale de
la Santé, au Ministère de la Santé, et propose des mesures à mettre en œuvre vis-à-vis
de toute menace sanitaire.
L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS)
Etablissement public rattaché au ministère de la Santé, l’AFSSaPS a pour mission
de contrôler les produits de santé destinés à l’Homme, qu’il s’agisse de médicaments,
de produits sanguins, de greffes, de dispositifs médicaux, de cosmétiques. À ce
titre, l’AFSSaPS émet des recommandations de « bonnes pratiques transfusionnelles
», définit les caractéristiques des produits sanguins, autorise leur utilisation,
contrôle leur qualité, émet un avis sur l’arrêté ministériel qui fixe les critères
de sélection des donneurs de sang, définit la forme et le contenu du questionnaire
pré-don, etc. L’AFSSaPS contrôle l’application de ces règlements et dispose à cet
effet d’un corps d’inspection. Chaque établissement de l’EFS et le CTSA sont inspectés
tous les deux ans.
La Loi n°98-535 du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire
et du contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l’Homme est à l’origine
de la création des agences actuelles.
La Loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique reprécise
les missions de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et redéfinit le dispositif
de gestion de crise au niveau régional.
Le Code de la Santé publique détermine le champ du droit en matière de santé publique,
notamment les textes relatifs aux produits de santé, ainsi que ceux relatifs aux
établissements sanitaires (Établissement Français du sang : Art. L.1222-1 et suivants
; Institut de Veille sanitaire : Art. L.1413-1 et suivants ; Agence Française de
Sécurité Sanitaire des Produits de Santé : Art. L.5311-1 et suivants.
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