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Groupes sanguins
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Les globules rouges portent à leur surface des « antigènes de groupes sanguins »,
et notre appartenance à un groupe donné dépend de la présence ou de l’absence de
ces antigènes à la surface de nos globules rouges.
Les groupes sanguins se transmettent de manière héréditaire selon les lois de la
génétique.
Les antigènes de groupes sanguins sont regroupés au sein de grandes familles, appelées
« systèmes de groupes sanguins ». À ce jour, vingt-neuf systèmes et plus de trois
cents antigènes de groupes sont identifiés. Les systèmes les plus connus sont le
système ABO (qui comprend les groupes A, B, AB et O) et le système Rh (anciennement
dénommé « Rhésus »). Mais bien d’autres systèmes existent (Kell, Duffy, Kidd, etc.),
qui doivent parfois être pris en compte lors d’une transfusion, notamment le système
Kell.
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Le système ABO
Le groupe sanguin le plus courant dans la population française est le groupe A,
suivi des groupes O, B, et AB, selon les répartitions suivantes :
Un sujet de groupe A possède l’antigène A à la surface de ses globules rouges.
Un sujet de groupe B possède l’antigène B.
Un sujet de groupe AB possède à la fois l’antigène A et l’antigène B.
Un sujet de groupe O ne possède ni l’antigène A ni l’antigène B.
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Le système Rh
La présence ou l’absence, à la surface du globule rouge, d’un antigène appelé D
(dit « grand D ») définit le groupe sanguin Rh+ ou Rh-. Dans la population française,
85 % des individus sont Rh+, car ils possèdent cet antigène D. Les autres sont Rh-,
ne le possèdant pas.
Il existe cependant des variations d’une région de la France à l’autre. Ainsi, le
groupe Rh- est plus fréquent dans le Sud-ouest, en particulier au Pays Basque. Des
variations existent aussi dans d’autres pays. Le groupe Rh- est rare en Asie du
Sud-Est : moins d’un Chinois sur 1000 est Rh-.
Le système Rh comprend d’autres antigènes, tels que C (« grand C »), E (« grand
E »), c (« petit c ») et e (« petit e »), qui sont également indiqués sur les cartes
de groupe sanguin.
Les groupes ABO et Rh sont systématiquement associés sur les documents de groupage
sanguin. On retrouve des formulations de type « A Rh+ », « B Rh-», « AB Rh+ », etc.,
mais, dans le langage courant, le groupe « A Rh+ » devient « A+ », désignant la
présence simultanée du groupe A et du groupe Rh+ chez un sujet. De la même façon,
le groupe « AB- » correspond à la présence des groupes AB et Rh-. Si l’on combine
les groupes ABO et Rh, les fréquences des combinaisons dans la population française
sont celles-ci :
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Dénomination officielle |
Dénomination courante |
Fréquence |
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A Rh+ |
A+ |
38,2 % |
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O Rh+
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O+
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36,5 %
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B Rh+
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B+
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7,7 %
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A Rh-
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A-
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6,8 %
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O Rh-
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O-
|
6,5 %
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AB Rh+
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AB+
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2,5 %
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B Rh-
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B-
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1,4 %
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AB Rh-
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AB-
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0,4 %
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Le système Kell
Un troisième système est important en transfusion : le système Kell. La présence
ou l’absence d’un antigène dénommé antigène K (« grand K ») définit le groupe Kell+
ou Kell-.
Dans la population française, 9 % des individus sont Kell+, ayant l’antigène K sur
leurs globules. Les autres sont Kell-. La détermination du groupe Kell est systématiquement
transcrite sur chaque carte de groupe.
Ainsi, toute personne possède à la surface de chacun de ses globules rouges plus
de trois cents groupes sanguins différents. On conçoit combien la transfusion peut
être complexe dans certains cas, car elle ne se résume pas à donner du sang A à
un receveur de groupe A…
Qu’est-ce qu’un groupe sanguin rare ?
Un groupe sanguin est dit rare si moins d’un sujet sur 250 lui est compatible dans
la population générale. À titre d’exemple, il existe de très rares sujets qui ne
sont ni A, ni B, ni AB et ni O : leur groupe sanguin, appelé « Bombay », a une fréquence
d’un sur un million dans la population européenne. En France, un tel groupe est
plus fréquemment rencontré sur l’île de La Réunion. De tels sujets ne peuvent même
pas être transfusés avec du sang O — il y aurait un risque d’accident grave — mais
uniquement avec du sang présentant le même groupe rare que le leur.
Le groupage effectué chez un donneur peut parfois permettre la découverte d’un groupe
rare : ceci représente un grand intérêt, à la fois pour une éventuelle transfusion
ultérieure du sujet qui a donné son sang et pour celle de malades présentant le
même groupe sanguin rare. Si un groupe rare est identifié à l’occasion d’un don
de sang, le donneur en est informé et se trouve sollicité pour donner son sang aussi
régulièrement qu’il l’acceptera, afin de le stocker dans une banque nationale de
sangs rares congelés. À cette banque nationale, il pourra être recouru en cas de
besoin, soit pour le donneur lui-même, soit pour un autre patient.
Aujourd’hui, le Centre national de référence pour les groupes sanguins (CNRGS) assure
le suivi, en France métropolitaine et extra-métropolitaine, de près de 10 000 personnes
présentant un groupe rare, qu’il s’agisse de donneurs ou de receveurs.
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