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Pourquoi le don du sang est-il bénévole ?
Le choix du bénévolat absolu repose sur les principes d’autonomie et d’intégrité
de la personne humaine, de « bénéficience » et de « non-maléficience », de justice
sociale et de sécurité des personnes :
- L’autonomie de la personne humaine implique le droit à l’autodétermination, donc
à la liberté de choix et au respect de la vie privée. Elle suppose l’absence de
contraintes physiques ou matérielles.
- L’intégrité de la personne humaine est indissociable du respect de la dignité. Ce
principe est né du refus de l’esclavage et s’accompagne du refus de la commercialisation
des éléments du corps humain.
- Le principe de bénéficience repose sur la volonté de faire le bien. Il est souvent
associé au principe de non-maléficience que l’on retrouve dans le code de déontologie
médicale : primum non nocere, d’abord ne pas nuire
- Le principe de justice sociale est basé sur l’idée que chacun peut avoir besoin
de sang un jour. Il est donc naturel que chacun participe au don.
- On sait que la rémunération du sang attire en premier lieu, voire exclusivement,
des personnes dans le besoin. Poussés à l’extrême, les systèmes non bénévoles prélèvent
du sang dans des pays pauvres pour préparer des traitements dont ne bénéficient
que les pays les plus riches…
- Enfin, le bénévolat garantit la sécurité :
- Celle des receveurs, car l’absence de bénéfice attendu établit un climat de confiance
totale lors de l’entretien pré-don au bénéfice du malade ;
- Celle du donneur, qui pourrait être tenté de masquer des problèmes de santé mettant
en péril sa propre sécurité et celle du receveur pour obtenir une somme d’argent
indispensable pour lui-même ou pour ses proches.
En 2004, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cinquante pays comptaient
100 % de dons de sang volontaires et non rémunérés. Cette proportion est de 92 %
dans les pays industrialisés et de 67 % dans les pays en développement ou en transition.
Dans ces derniers, lorsqu’un malade a besoin de sang, sa famille est chargée de
compenser les produits sanguins transfusés par un nombre équivalent de dons, qu’on
appelle des dons de « reposition ». Cette organisation intermédiaire permet de passer
progressivement d’un système rémunéré à un système bénévole.
Pourquoi le don du sang doit-il être anonyme ?
L’anonymat du don est l'une des règles éthiques qui visent à protéger chacun des acteurs
du don:
- Le donneur ne peut exiger de compensation du receveur ;
- En cas de complication transfusionnelle, le donneur est protégé de toute mise en
cause personnelle par le receveur ou par sa famille.
Cette condition de l’anonymat est à l’origine de l’interdiction du don intra-familial
(en dehors d’une indication thérapeutique particulière). Cette précaution n’est
d’ailleurs pas toujours comprise par ceux qui considèrent comme naturel et plus
sûr le don entre membres d’une même famille ou entre amis. Et pourtant :
- La compatibilité entre groupes sanguins au sein d’une même famille est rare. Par
définition, les enfants reçoivent la moitié des gènes de leur mère et l’autre moitié
de leur père. Il y a donc risque d’immunisation chez le receveur, c’est-à-dire formation
d’anticorps dirigés contre des antigènes de groupes sanguins portés par les globules
rouges du donneur. Si la mère a besoin de sang, et si elle s’est immunisée au cours
de ses grossesses précédentes, la transfusion du sang de certains de ses enfants
ou de leur père peut lui être fatale : c’est l'une des raisons pour lesquelles le
don intra-familial n’est pas autorisé, en dehors de situations tout à fait exceptionnelles.
- Le risque de ne pas détecter une infection est le même chez un donneur inconnu ou
chez un donneur sélectionné par le futur transfusé. Il est même à craindre que le
donneur choisi hésite à faire part d’un comportement à risque ayant pu l’exposer
à une infection qu’il pourrait transmettre au receveur, car il ne souhaite pas l’avouer
à des proches. L’impact psychologique, en cas de complication transfusionnelle,
serait alors terrible.
L’anonymat du don est aussi la garantie de permettre à chacun de disposer des produits
sanguins dont il peut avoir besoin. C’est l’État, par l’intermédiaire de l’Etablissement
Français (EFS) du Sang, qui garantit ce principe d’égalité.
Comment se déroule le prélèvement d’un don de sang ?
Après lecture des indications du médecin, l’infirmière prépare le matériel nécessaire
au type de don, c’est-à-dire le dispositif médical à usage unique adapté, les tubes
pour les échantillons sanguins destinés aux analyses biologiques, et tous les éléments
nécessaires à la désinfection de la peau au niveau du prélèvement.
La programmation de l’automate de prélèvement (« agitateur-limitateur » pour un
don de sang total, « séparateur cellulaire » pour un don en aphérèse [voir question
n° 38]) permet d’enregistrer le volume à prélever et de programmer son interruption
lorsque celui-ci est atteint.
La désinfection de la peau au niveau du site de prélèvement est une étape primordiale
pour la sécurité des produits sanguins. Le prélèvement est réalisé au niveau d’une
des veines du pli du coude. Évidemment stérile et à usage unique, l’aiguille est
conçue pour limiter la douleur : la forme de son biseau est spécialement adaptée
à la pénétration de la peau, et son acier est recouvert de silicone.
Les trente premiers millilitres de sang sont toujours dérivés vers une petite poche
latérale. Ils sont utilisés pour la réalisation des examens biologiques, et cette
dérivation contribue à réduire le risque d’introduction de bactéries dans la poche
destinée à recevoir le sang donné.
Lorsque le volume prescrit est prélevé, l’automate interrompt l’écoulement du sang.
Une alarme en informe l’infirmière.
Une autre étape, capitale pour la sécurité transfusionnelle, est également gérée
par l’infirmière au cours du prélèvement : il s’agit de l’identification des tubes
et des poches par le numéro du don, après un nouveau contrôle de l’identité du donneur.
Où peut-on donner son sang ?
Pour répondre aux besoins annuels en produits sanguins, l’EFS accueille les donneurs
dans ses propres locaux (175 lieux d’accueil à ce jour) ou sur l’une des 38 500
collectes organisées chaque année en différents endroits du territoire national.
En effet, moins de 20 % des dons de sang total étant réalisés dans les locaux de
l’EFS, les collectes mobiles représentent la source principale d’approvisionnement
en sang total. Ces dernières sont organisées dans des communes ou dans des collectivités
: établissements d’enseignement, administrations et entreprises, établissements
militaires.
Les contraintes de programmation et d’organisation des collectes mobiles sont toutefois
nombreuses : le choix d’une date dépend des contraintes de la structure d’accueil
(disponibilité des locaux, disponibilité des donneurs, manifestations locales, etc.),
de la date du précédent passage de l’EFS (afin de respecter le délai entre deux
dons), de la planification régionale des collectes et de la répartition quotidienne
de l’approvisionnement en produits sanguins. Les dons doivent être acheminés vers
le plateau technique de préparation et traités dans un délai inférieur à vingt-quatre
heures (voir les questions n° 46 et 47).
Les horaires d’ouverture de la collecte au public dépendent eux-mêmes de la disponibilité
des donneurs. Il doivent aussi tenir compte des amplitudes de travail des équipes
professionnelles réglementées par le Code du Travail, de l’éloignement géographique
du lieu de la collecte par rapport au site de l’EFS, et du délai d’acheminement
et de traitement des produits sanguins.
Dès ce stade, les associations de donneurs de sang bénévoles assurent un rôle de
relais local très utile pour optimiser le déroulement et l’efficacité de la collecte
planifiée. Toute l’année, la liste des sites de l’EFS, leurs horaires d’ouverture,
ainsi que la liste des collectes organisées sur l’ensemble du territoire, sont consultables
sur le site internet de l’EFS:www.dondusang.net.
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